Sara est Mexicaine, elle est arrivée chez nous à Noël. Même si son séjour n'a duré que six mois, ce fut une expérience intense. Nous avons choisi de la vivre parce que Pauline, notre fille, désirait partir un an aux Etats-Unis. Il nous a semblé que devenir famille d'accueil avant son départ nous permettrait à tous- y compris à Pauline – de mieux appréhender l'aventure qu'elle allait vivre. De plus, nous avions envie de nous ouvrir à une autre culture, tout en essayant de transmettre nos valeurs familiales.

Les débuts ont été un peu déroutants. Chez nous, il y a une grande place pour l'affectif et quand Sara est arrivée, on s'imaginait qu'il y allait avoir un « retour » immédiat. C'est un peu comme une mère avec son nouveau-né : pendant la grossesse, elle se fait une joie de cette nouvelle vie ensemble. On avait un énorme réservoir d'amour, mais on avait l'impression de ne rien recevoir en échange. Sara étant plutôt réservée, on ne savait même pas si elle ressentait la profondeur de nos sentiments pour elle. Il a fallu du temps pour comprendre que oui...Je n'oublierai jamais le jour de la fête des mères. Elle m'avait écrit sur une carte « Tu es ma petite maman de Belgique ». Aujourd'hui encore j'en ai les larmes aux yeux. C'est exactement ça le « retour » tant attendu. Maintenant je sais qu'on ne peut pas demander à un étudiant qui débarque dans l'inconnu de nous faire des déclarations en sortant de l'avion...

Aujourd'hui, je considère Sara comme ma fille, elle fait partie intégrante de notre famille. Son départ me serre le cœur, d'autant qu'il nous rapproche de celui de Pauline. En tant que maman, j'ai peur pour ma fille, la voir partir n'est pas facile, je crains qu'elle vive mal la solitude des moments difficiles. Cela dit, je reste confiante : ce que nous avons vécu avec Sara fut une magnifique aventure humaine. J'espère que Pauline connaîtra la même chose.

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