« Seriez-vous d'accord d'accueillir une jeune étudiante ou un jeune étudiant ? »

L'aventure a commencé par ce coup de fil d'un ami dont la fille partait au Japon dans le cadre d'un échange.

L'aventure a donc commencé avec une jeune japonaise, Chippa, puis 5 filles et un garçon allaient la suivre. Sept jeunes (jusqu'à présent) de tous les horizons qui ont fait un bout de chemin avec nous, dans notre famille.

Les premiers jours ils sont timides, discrets, ils cherchent des repères... Mais très vite ils s'installent dans la maison, dans la famille, dans les habitudes. Les conversations deviennent plus faciles et les échanges plus détendus. C'est alors une succession de petits bonheurs : les accueillir dans la cuisine au retour de l'école, cuisiner avec eux, faire des dictées de recettes avec des fou rires de gosse au détour d'une grosse faute, d'un contresens. On questionne, on échange, on explique et le temps passe si vite. Il y a toutes les « premières fois » dont on s'extasie : la première gaufre, les premières frites mangées dans la rue, la première fois qu'on voit un arbre jaunir, rougir, la première fois qu'on marche dans un gros tas de feuilles tombées, la première neige, la première fleur du printemps... On re-visite Liège, Bruges, Paris qu'on voit avec un autre œil, qu'on redécouvre avec leur vision étonnée.

L'an dernier, Marie-Pauline est arrivée d'Equateur, une grande et longue fille gaie, curieuse, active.

Elle s'émerveille de tout, aime tout, questionne toujours, comme si elle avait conscience qu'en peu de temps elle doit apprendre tout ce que je sais. Peut-être lui ai-je transmis un peu de ma fibre féministe ?

Elle a participé à toutes mes activités : le souper des voisins deux jours après son arrivée, des repas de soutien pour 80 personnes... Est-ce pour se venger qu'un jour elle a amené à la maison 15 « latinos » (et ça fait du bruit les latinos !) partager un repas. Et tous les WE une ou deux copines qui avaient raté le dernier bus ?

Quand Lucas, le brésilien, est arrivé à Pâques, elle a joué à la grande sœur, l'a taquiné, lui a appris l'espagnol, mis au parfum des habitudes de la maison.

Aujourd'hui par delà l'Atlantique et par la magie d'Internet, c'est encore elle qui a servi de guide à Elif, la jeune turque que nous hébergeons depuis un mois. Elif prise en charge également par Andréina, la vénézuélienne revenue passer un mois à Liège...

Bien sûr, accueillir des étrangers (dans tous les sens du terme, étrangers à la famille, étrangers au pays) dans sa maison, c'est un peu compliqué. Il faut recomposer l'espace de vie, modifier certaines habitudes, prendre du temps pour expliquer, écouter, consoler parfois quand le mal du pays se fait trop lourd, mais c'est un si grand plaisir de transmettre sa culture, de confronter ses idées. Je n'ai jamais donné plus que je n'ai reçu. Et que je reçois encore au-delà des océans. Le jour de la fête des mères je reçois des messages de tous les continents, d'enfants accueillis 3 mois, 1 an ou juste quelques WE. Et souvent les messages de Chippa, Georgie, Juanita, Andréina, Marie-Pauline, Lucas... On oublie alors qu'un jour avec chacun d'eux il a fallu faire les « dernières fois » : les dernières courses ensemble, la dernière fois qu'on fait un gâteau ensemble et puis trop tôt, trop vite, qu'il a fallu partir à l'aéroport, s'embrasser une dernière fois, en se jurant la gorge serrée que ce ne serait pas la dernière fois. Et se souvenir que ce n'est pas la dernière fois : Chippa, (avec sa petite sœur), Georgie, (pour un cycle d'étude), Juanita, Andréina sont toutes revenues à Liège. (les autres n'ont pas eu le temps, partis seulement depuis deux mois). Toutes sont revenues à la maison, s'y réinstallant pour quelques jours ou quelques semaines, comme si elles n'en étaient jamais parties.

Décidément, faire la route avec le pas de l'autre, ça laisse des traces !

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